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Montecorvino Rovella-Campagna

Montecorvino Rovella-Campagna

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En ce moment, je ne parle presque à persone. J’ai l’impression que mon voyage est devenu un luxe en avançant vers le sud. Ici, il y a d’autres préoccupations, d’autres intérêts.

Aux volants des voitures, les gens me scrutent comme méfiants, sans sourire. Je passe peut-être pour un vagabond, un fou, un sans-abri. Aucune communication, les voitures vont trop vite. Parfois, la froideur du regard m’impressionne.

La Campanie est une très belle région. Je ne suis déjà plus dans ce qu’on appelait anciennement la “Terra di Lavoro” (Terre de Labour) mais la nature est encore forte, robuste et fascinante.

Je suis fatigué de voir tant de décharges sauvages un peu partout. Je ne comprends pas. Alors je rêve d’écrire une lettre ouverte aux campaniennes et campaniens pour les inciter à prendre soin de leur terre, de leur environnement; vaine divagation. Sous des oliviers que j’imagine séculaires, je vois du plastique, des vêtements, des cartons, des bouteilles en verre et en pet. Je ne comprends pas.

Je traverse Eboli presque au pas de course mais décide de m’arrêter quand même pour une glace et un café. J’explique mon projet à l’homme du bar. Il me dit que son oncle vit à Zurich, que lui-même a failli partir vivre en Suisse et qu’il aime comment les choses fonctionnent en Suisse: l’organisation, la mentalité…

Un client vêtu d’un uniforme de garde genre américain écoute et sourit; sur son épaule c’est écrit “security”.

Je continue ma route et dans un local de Eboli, je vois un vieil homme qui manipule des ampoules. Je reconnais ces guirlandes utilisées pour décorer les rues des villages en fête au Sud de l’Italie.

Je m’arrête et parle un peu avec lui. Il a fait ça toute sa vie. Maintenant, son fils et son petit fils ont repris l’affaire étant donné qu’il ne voit plus très bien et qu’il ne peut plus conduire. À présent, ils montent de grandes structures pour des scènes, des chapiteaux, c’est plus comme avant, il me dit.

Il me montre des photos de quelque-unes de leur réalisations, de leurs entrepôts, des camions contenant des groupes électrogènes.

J’aimerais encore l’écouter, regarder les images mais il faut que je continue ma route. Il s’assure que je prenne le bon chemin. Il insiste: “tourne à la suivante à droite sinon tu risques de te perdre dans les ruelles de Eboli”.

Je m’éloigne, il me regarde toujours.

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Un instant, je repense au livre de Gesualdo Bufalino “Museo d’ombre” dans lequel il recense les métiers oubliés en Sicile. Un jour, je me dis, le vieil homme sera dans ce musée.

J’aurais dû enregistrer, j’aurais dû conserver une trace sonore de cette discussion. Pourquoi ne l’ai-je pas fait? Je ne comprends pas.

6 commentaires

  1. “Sandro si è fermato a Eboli”… Jolie, l’image du fabricant de lumière qui s’assure que tu prennes le bon chemin et qui t’accompagne du regard. Et merci de partager tes réflexions et tes questions d’aujourd’hui.
    Bonne route demain, avec d’autres belles rencontres. Ciao!

  2. Petite réflection de SUISSE:
    A quand la taxe au sacs pour le SUD!!!
    Notre terre est entre nos mains, c’est à nous de LA maintenir aussi belle pour que les futures générations en profitent comme NOUS…
    Paix et Amour…

  3. No regrets, they only hurt

    merci d’avoir partagé ce moment avec nous.

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